LES DIFFICULTÉS SCOLAIRES

LES DIFFICULTÉS SCOLAIRES

Septembre venu, les enfants éprouvent de l’excitation lorsque s’annonce la rentrée scolaire. Avec la hâte de revoir leurs amis et de rencontrer leurs nouveaux professeurs. Pour nous, adultes, c’est ce souvenir ému que la plupart d’entre nous gardons.

Pourtant, certains élèves appréhendent avec anxiété, parfois même avec une certaine souffrance,  le retour à l’école.  La raison est fort simple: plusieurs d’entre eux présentent des problèmes d’adaptation : hyperactivité, déficit d’attention, problèmes de comportement, troubles d’apprentissage, etc. Qui sont les coupables? Les parents, assurent les uns, parce que trop rigides, intolérants, ou permissifs, trop occupés. C’est plutôt la faute de l’école répondent les autres avec ses réformes, son manque de personnel, ses enseignants mal préparés. Pour d’autres encore, ce sont des enfants paresseux, manipulateurs qui causent volontairement le désordre. Or, chercher un coupable sur qui chacun reporte ses frustrations est une entreprise stérile qui n’aide personne.

 

La grande métamorphose du cerveau
Selon le magazine Québec Science de cet automne consacré aux enfants, les plus récentes recherches nous apprennent que, le monde ayant tellement changé, le cerveau des enfants de 2010 n’est plus le même que ceux des années ’80! Il n’y a plus de doute que la télé avant l’âge de 3 ans, telle qu’elle est maintenant conçue avec ses rafales d’images et de sons, compromet l’acquisition du langage et le développement psychomoteur, nuisant à la représentation même que les tout-petits se font de leur corps. Il vaudrait mieux pour ces chérubins découvrir le monde avec leurs 10 doigts, stimulés et aidés par leur entourage familial.

Allons plus loin. Une nouvelle discipline scientifique nommée épigénétique décrète que l’environnement dans lequel vit un jeune enfant agit sur ses gènes. On parle ici du contexte familial, des conditions socio-économiques et les stress, voire même du contact avec les nouvelles technologies. Découvertes fascinantes, mais en même tempspréoccupantes.

Des chercheurs admettent que les jeux vidéos pour les enfants d’âge scolaire peuvent, en établissant de nouvelles connexions neuronales, favoriser le développement de l’intelligence et des réflexes. Ça, c’est la bonne nouvelle. Mais l’envers de la médaille est que ces mêmes jeux auraient quelque chose à voir avec l’augmentation des problèmes d’attention, d’hyperactivité et d’impulsivité. Nul doute que le déficit d’attention a une composante génétique, mais l’environnement y contribue grandement.

Une bonne évaluation, un bon diagnostic

Depuis 1990, la neuroscience a fait un bond gigantesque grâce aux appareils d’imagerie par résonnance magnétique (IRM). Ceux-ci permettent de saisir des aspects du cerveau jusqu’ici insoupçonnés. Oui, la technologie a aussi ses bons côtés ! On peut toujours rêver du jour où chaque école aura son IRM mais en attendant, il faut travailler avec les outils existants. Il demeure essentiel d’avoir une bonne évaluation et un diagnostic précis de l’enfant qui présente des difficultés. Cela exige du temps et la contribution de plusieurs personnes tels que les enseignants, la direction, les parents et autres spécialistes. Il s’agit ensuite de reconnaître les difficultés vécues par l’enfant. Celles-ci peuvent s’inscrire dans un programme de collaboration à long terme entre l’enfant, les parents et l’école. Ainsi, on comprendra que ce n’est ni la bonne volonté de l’enfant ni la compétence des parents ou même de l’école qui sont a priori en cause.

L’enfant: modèle de base avec options supplémentaires

Il faut surtout comprendre et accepter l’enfant tel qu’il est avec son bagage et ses différences. Un enfant qui se sait aimé et respecté est un enfant heureux. Comme tout le monde, il a davantage besoin de soutien que de critiques. L’idée-maîtresse consiste à voir ces enfants en difficultés scolaires comme des modèles de base, en ce sens que si tous les enfants se ressemblent,  certains ont des options supplémentaires qui nécessitent des outils particuliers. Ainsi, la relation avec ces enfants ainsi que son estime personnelle ne s’en porteront que mieux….les parents et l’école aussi !

Nicole Desjardins, M.A.
Sexologue et psychothérapeute
Thérapeute spécialisée de la thérapie de couple et familiale
819-320-0234 (Val-Morin, Laurentides)
450-530-6630 (Ste-Rose, Laval)

Pour connaître davantage le sujet :

Ces parents à bout de souffle, un guide de survie de Suzanne Lavigueur aux éd. Québécor

J’apprends à penser, je réussis mieux de José Racicot et Guider mon enfant dans sa vie scolaire de Germain Duclos, aux éd. du CHU Sainte-Justine
Site Web : www.associationpanda.qc.ca  et  www.aqeta.qc.ca

Cet article a été publié dans le journal communautaire Ski-se-dit de Val-David, septembre 2010.

Les commentaires sont fermés.